dimanche 11 novembre 2018

11 novembre, fête de saint Martin




Fête de la saint Martin le 11 novembre..

L'Armistice du 11 novembre a mis en veilleuse une ancienne tradition de notre région: « Les feux de la saint Martin.», une tradition oubliée de nos jours et dont on retrouve une trace datée de 1836 à Paifve.

Saint Martin aurait vécu, selon sa légende, entre 316 et 397. D’abord soldat, il se signala par sa charité en partageant son manteau avec un pauvre. Malheureusement pour lui, il est fêté le 11 novembre – fête qui sera « oubliée » et remplacée par l’Armistice de la guerre de 1914-1918.
Avant cette commémoration, et en l'honneur de saint Martin, , afin d’obtenir de la nourriture qui servait à alimenter la table d’un festin local ouvert à tous les habitants du village, les quêteurs parcouraient les rues de maison et maison en faisant tournoyer des cordes goudronnées ou enduites de résine enflammée. Ils allaient de porte en porte en chantant :

Sint Martin

Qui n’vint qu’ine fèye

So l’annèye passèye

Po dès peûres, po dès pomes,

Des bilokes totes neûres.

Li mèsse di chal m’a-st-èvoyî

Avou on sètch qui tint treûs stîs.

Tapez foû, tapez d’vins

Disqu’à tant qui seûye tot plin.

Qwand i sèrèt plin

Vos mèt’rez d’ssu,

Qwand dji sèrè d’ssu

Vos mèt’rez dju.

On p’tit côp d’vosse bîre

Ci n’èst nin po rîre.

C’èst po lès pôves djins

Qui n’ont rin po d’min.

Dè blanc pan, c’è-st-on wastè,

Dè neûr pan; c’èst dè crahès.

Li calote

Po beûre li gote,

Li tchapè

po beûre l’ohè !

Et si on pensait à réhabiliter cette coutume afin de recréer des liens en nos villages ?



Extrait d’un billet de José Thomsin : « Li calendyer walon » du 11 novembre

vendredi 9 novembre 2018

" Salut Maurice " n° 102 - novembre-décembre 2018




Vous pouvez trouver la version papier du « Salut Maurice » n° 102 de novembre-décembre 2018 dans de nombreux endroits du quartier. Autrement, c’est par ici :



mardi 6 novembre 2018

Le combat du pont des Arches, 9 thermidor, an II (27 juillet 1794)





                                            Le pont des Arches en 1795


                                                  Pont de la Victoire (pont des Arches)


                                                     Les morts et les bléssés liégeois


Où l’on vit le peuple de Liège se joindre spontanément aux Français pour chasser l’ennemi commun : les Kaiserlicks, comme on appelait alors les Autrichiens.
Donc, de dimanche 27 juillet 1794, de grand matin, le canon gonda à l’Ouest de Liège. Victorieuse à Fleurus, l’armée de Sambre et Meuse approche. L’avant-garde arrive devant la porte Sainte-Marguerite. Cette porte est fermée mais, aidés, guidés par les Liégeois, les Français escaladent les remparts, pénètrent dans la ville, s’emparant, rue Saint-Séverin, d’un canon autrichien braqué sur le faubourg.
(…)
Ils repoussent les habits blancs (les Autrichiens) jusqu’à l’unique pont de la Meuse : le pont des Arches, gardé par deux canons qui menacent la rive gauche. Débouchant de Neuvice, les Républicains l’attaquent de face tandis que les Liégeois le prennent à revers. Affolés par une pluie d’objets hétéroclites qu’on leur jette de toutes les fenêtres, les Kaiserlicks fuient à travers Outremeuse, et, par la porte d’Amercoeur, regagnent leurs retranchements de Cornillon et de la Chartreuse.
Il fallait châtier cette ville rebelle. Trois jours durant, les batteries du mont Cornillon crachèrent la foudre sur le quartier d’Outemeuse. Demeurée en zone autrichienne, le faubourg d’Amercoeur fut une proie facile. Ce furent les exécutions sommaires, le pillage, enfin l’incendie. Le 30 juillet, de ce faubourg martyr, il ne restait que ruines fumantes. Neuf ans après, Bonaparte le fera reconstruire aux frais de la nation (*).
Ce même 30 juillet, le bombardement s’arrête. Le général Hatry, commandant de la division qui a libéré Liège, vient d’adresser un ultimatum au chef autrichien le menaçant de représailles, et cette menace a suffi.
Sur ce pont qu’on appelait alors le pont de la Victoire, le Liégeois Soleure s’adresse à la foule, le 9 thermidor an IV : « C’est en ce lieu que les français et les Liégeois, combattant pour la même cause, ont scellé dans leur sang la pacte qui les unit à jamais ».

Extraits d’un article signé Georges Jardinet dans la revue « La vie wallonne illustrée », 2è et 3è trimestre 1986

(*) Ndlr : selon certains historiens, ce ne fut pas aux frais de la Nation française mais plutôt aux frais de la ville de Liège.

vendredi 2 novembre 2018

L'ète al sural - vieux cimetière de Hocheporte



A propos du 2 novembre, le jour des morts :

A Liège, existait dans le quartier d'Hocheporte "l'ète al sural" (le cimetière à l'oseille) où étaient enterrés les suicidés, et cet endroit inspirait tellement la terreur que les gens devant se rendre au quartier Sainte-Marguerite faisaient un long détour pour éviter cette rue.

Une curieuse coutume se déroulait également dans de nombreuses paroisses: le curé se rendait chez les agriculteurs et maraîchers et récoltait des légumes divers et d'hiver et ceux-ci étaient vendus à la porte de l'église après l'office.

Ce jour, les charretiers s'abstenaient de circuler, persuadés qu'ils seraient victimes d'un accident de roulage.

    Extrait du " Li calendriyer walon " , deûs d'novimbe,  de José Thomsin

Note : à la rubrique "Naimette", Gobert fait l'historique de ce cimetière ouvert en 1804 et fermé dès 1818

jeudi 1 novembre 2018

Le onze novembre 1918 à Liège - rue de Hesbaye et Fontainebleau -






En ce temps-là, je faisais partie d’une troupe de scouts qui s’était formée clandestinement à Seraing. Installés tant bien que mal dans la salle des « Pas perdus » de la «Violette », notre premier travail fut d’accueillir les prisonniers de guerre. C’est ainsi qu’à la Citadelle qui servait alors d’hôpital de campagne, on pouvait voir un singulier mélange d’Ecossais en kilt, d’Hindous enturbannés, d’Italiens coiffés du chapeau à plumes de coq, des pioupious français en pantalon garance… Notre chef, de Warzée, m’envoya en reconnaissance rue de Hesbaye où l’on signalait l’arrivée d’une «horde » (ce sont les termes employés à l’époque) qui faisait irruption dans la ville.

Dès que je fus sur les lieux, je me trouvai en présence d’une foule de gens hirsutes et dépenaillés, attelés par groupe de dix, de vingt hommes à des charrettes où s’entassaient un fourniment hétéroclite. De la foule misérable qui me faisait face sortait un murmure incompréhensible d’où émergeait par moments le mot « Americanne ». Je vis alors s’avancer vers moi un petit noiraud qui me dit « Sprecken Sie deutsch ? », à quoi je répondis plein d’assurance : Jawohl (à l’école on apprenait cette langue haïe car elle était au programme).
La conversation que j’entrepris avec cet interlocuteur eut lieu dans un langage plus proche de celui des camelots du marché dominical de la Batte. Je compris que cette « horde » était un contingent de prisonniers russes.

(…)

C’est ainsi qu’ils étaient arrivés dans notre faubourg de Sainte-Marguerite et je pris avec le Polonais la tête du cortège pour le conduire au carrefour de Fontainebleau. A cette époque, on pouvait y voir un charmant petit théâtre, flanqué d’un parc tout aussi idyllique, tous deux restés à l’abandon depuis la guerre. Je connaissais parfaitement le quartier d’où provenait la famille de ma mère et je savais où un loueur de voitures remisait de la paille. En un instant, la « horde » envahit le théâtre, emplit de paille les stalles et les loges, occupa le parc où se dressèrent bientôt des trépieds à quoi l’on suspendit des marmites. Le bois abondait en cet endroit et, au nom de l’Administration communale, je réquisitionnai du lard et des pommes de terre chez un fraudeur bien connu.
Le soir tomba. La plupart des Russes se rassemblèrent au parterre du théâtre d’où s’éleva une mélopée nostalgique. Mon interprète polonais m’apprit que c’était le « Notre Père » du rite orthodoxe. Ils entonnèrent ensuite «  La Marseillaise » et «  L’Internationale ».

                                                                                  Jean Delfagne

Extrait d’un article de Jean Delfagne, « Souvenir d’un ancien scout », paru dans la revue de «  La vie wallonne illustrée », 2 è et 3 è trimestre 1985.


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En bonus, le «  Notre Père » en russe :